Ma conversion au Punk Hardcore

Au fil des écoutes, je m'éloignais petit à petit du Metal pour m'immerger de plus en plus dans l'univers fabuleux du Punk Hardcore. Trois années et deux poignées d'albums éminents auront suffi pour me convertir définitivement au Hardcore en 2009.
Providence_Live
Photo : ©Providence
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1. Down To Nothing – The Most (2007)

Commençons mon approfondissement du Punk Hardcore avec The Most, l’un des albums les plus réussis de l’année 2007. On le doit à Down To Nothing qui jouissait déjà à l’époque et jouit encore aujourd’hui d’une excellente réputation internationale. Pour cause, le groupe originaire de la très réputée Richmond était l’auteur d’une collection d’EP et d’un album Save It For The Birds très efficaces, lui permettant de tourner sur de nombreuses scènes et signer avec le légendaire label Revelation Records !

Le style Down To Nothing ne révolutionne en rien le Hardcore mais qu’est-ce qu’il est facilement reconnaissable et addictif : une ferveur et une efficacité implacables, des riffs très accrocheurs et entraînants, un festival de passages rapides et plus mid-tempo qui ravissent les plus danseurs d’entre nous, un chouilla de mélodie et des sing-alongs à tous les étages. En somme des titres hyper racés et taillés pour le live, à la croisée d’un Terror et d’un Comeback Kid.

Meilleurs titres : Along For The Ride, Conquer The World, Well Deserved, Up River, Quick To Judge.

 

2. Knuckledust – Promises Comfort Fools (2007)

LBU, cela vous parle ? London Blackout Unit, toujours pas ? il s’agit d’un collectif Punk Hardcore basé à Londres, renommé pour la violence des concerts dans lesquels se produisent ses membres : 50 Caliber, Six Ft Ditch et bien entendu Knuckledust. KD, c’est l’institution, une longévité et stabilité exemplaires puisque ses fondateurs sont toujours titulaires depuis 1996, et c’est aussi le pilier de la scène anglaise voire européenne grâce à des albums massifs comme Universal Struggle et Unbreakable.

Avec Promises Comfort Fools sorti lui aussi en 2007, les anglais reprennent leurs fondamentaux en créant une atmosphère propice à l’expression de votre côté primitif et au « violent dancing » dans le pit ! Ils sont les spécialistes de la composition brutale, avec son lot de plans rapides façon coups de poing directs qui finissent généralement par une chute abyssale de rythme aussi violente qu’un uppercut. Mais KD tire son épingle du jeu et brille parmi tous les groupes de Beatdown Hardcore en incorporant un groove des plus communicatifs : changements incessants de rythme, une énergie rayonnante, le ton pitbull et le phrasé rap de Pierre Pelbu qui fusionne chant anglais et espagnol.

Meilleurs titres : Staying Power, Slash And Ignite, Dreaming, Untold Story, Twisted State, Social Disease.

 

3. Wisdom In Chains – Class War (2007)

A la base simple « side project » de membres de Mushmouth, Krutch ou encore Boxcutter, Wisdom In Chains a été rapidement et unanimement reconnu suite à son excellentissime album Die Young sorti en 2005. C’est en pleine ascension fulgurante que le groupe nous présentait en 2007 le successeur qui les enverra totalement en orbite !

Class War a positionné les américains à part dans le paysage Punk Hardcore grâce à une vision singulière et originale. En effet, leur tour de force est de jouer habilement avec les différentes facettes du Hardcore, balançant d’un côté des titres très Crossover Thrash prouvant notamment le talent hors-pair des guitaristes, d’autre part des titres bien plus Punk Rock / Street Punk qui donnent envie de chanter tous en chœur, et enfin les plus radicaux, courts et violents rappelant que nous sommes bien en territoire Hardcore. Bref, une variété incroyable de compositions qui fait de chacune des seize des hymnes en puissance. Cette intelligence se retrouve aussi dans les paroles qui sont à couper le souffle, très engagées, traitant principalement de la lutte des classes.

Un album inégalé dans la discographie du groupe, assurément le meilleur album Hardcore de 2007 et dans le top 10 de la décennie !

Meilleurs titres : tout l’album, un chef d’œuvre.

 

4. Backfire! – In Harm’s Way (2008)

Maastricht est connue de tous les écoliers comme la ville qui a vu la conclusion du traité fondateur de l’Union Européenne. Mais c’est aussi le fief d’un autre monument du Punk Hardcore européen, j’ai nommé Backfire! Le groupe officie depuis 1994, a déjà tourné avec de nombreuses formations américaines telles que Warzone, 25 Ta Life ou encore Madball, et accouché d’une palanquée d’albums dont certains font aujourd’hui encore référence (Still Dedicated, Change The Game).

L’album In Harm’s Way est sorti en 2008 et prend une tournure plus noire, dure et lourde que les précédentes sorties du groupe. Evidemment, les influences new-yorkaises à la Madball période 1990 sont toujours au cœur mais les bataves s’émancipent en musclant encore leur jeu. Cela se ressent déjà au niveau de la voix de Pat, toujours plus puissante et éraillée, qui saura vous cueillir sur les registres agressif comme bouleversant ! Mais aussi musicalement parlant, les choses sont poussées un peu plus à leur paroxysme pour un rendu final toujours plus compact et énervé façon jet de parpaing. Les featurings avec les beugleurs de Kickback et The Setup n’arrangent évidemment en rien les choses !

L’album de la maturité, le sommet de la carrière du groupe. Hélàs Backfire! n’est plus mais aura marqué l’Histoire du Hardcore, et je vous invite vivement à vous intéresser également aux productions ultérieures tout aussi sensationnelles (My Broken World, Where We Belong).

Meilleurs titres : Pushing My Failures Away, Sam’s Song, Screaming For Silence, How Do You Like Me Now, Push The Limit.

 

5. No Turning Back – Stronger (2008)

Encore un autre pilier de la scène Punk Hardcore européenne, lui aussi originaire des Pays-Bas. No Turning Back a vu le jour en 1997 et s’est rapidement retrouvé à tourner hors de ses terres et à diffuser la bonne parole issue de ses déjà nombreux albums (ex : Rise From The Ashes et Holding On).

L’album Stronger est arrivé dans les bacs en 2008 avec l’objectif de donner une leçon de Hardcore façon New-York. A croire que les Pays-Bas sont une couveuse où chaque rejeton est nourri aux Madball, Agnostic Front et consorts ! Au menu, des compositions simples et droit au but, une ardeur et dynamisme contagieux, un groove impressionnant grâce à un riffing de qualité et entêtant et des breakdowns irréprochables. Cerise sur le gâteau, tout l’album parle de force intérieure et résilience servant de vraie bouée et boussole pour mon âme à cette époque…

Un album charnière pour No Turning Back qui n’a depuis jamais réussi à autant m’extasier, si ce n’est en concerts !

Meilleurs titres : Same Sad Song, Stronger, Never Again, Found My Way, Do You Care?

 

6. H2O – Nothing To Prove (2008)

S’il fallait citer un album incontournable de cette année 2008, Nothing To Prove arrive à se hisser à la première place. Un essentiel, même un miracle dans la très fournie mais juste potable discographie des new-yorkais d’H2O, qui soulignons-le roulent leur bosse depuis 1993…Pas mal quand on sait que Toby Morse au chant fut jadis roadie de Sick Of It All !

Pour le coup, cet album est parfait de bout en bout, proposant la balance ultime entre Punk Hardcore mélodique et New-York Hardcore : section rythmique explosive, des riffs entraînants, des refrains simples et mélodieux qui se retiennent immédiatement, et un parterre d’invités de marque (Roger Miret, Lou Koller, Kevin Seconds, Freddy Cricien, Danny Diablo et bien d’autres).

La magie opère tout du long, boostée par une énergie et une Positive Mental Attitude infinies qui pénètrent tout naturellement l’auditeur.

Meilleurs titres : tout l’album est culte.

 

7. Trapped Under Ice – Secrets Of The World (2009)

Baltimore, la ville américaine sclérosée par la pauvreté et la violence…C’est dans cet environnement et contexte difficiles qu’a vu le jour Trapped Under Ice en 2007. Après un premier EP Stay Cold complètement fou, le groupe nous balançait au visage en 2009 leur premier album Secrets Of The World qui leur procurera un rayonnement international !

Cet album sent le souffre, il est le déversoir de toute la rage et la désillusion de ses membres. Il marque les esprits par son atmosphère étouffante au possible : sa production monumentale façon chape de plomb, son alternance de rythmes tantôt lents et lourds, tantôt accélérés et burnés tel un animal guettant sa proie avant de l’attaquer, son riffing groovy ou plus insidieux mais toujours simple et incisif, sa basse qui claque dans vos tympans. Et que dire de son emblématique chanteur et leader Justice Tripp (aussi chanteur chez Angel Du$t, et fondateur du label Pop Wig Records), reconnaissable d’entre mille avec son timbre éraillé et son phrasé original, donnant un cachet tout particulier à ce groupe.

Trapped Under Ice a bluffé jusqu’à son dernier souffle, capable d’évoluer et prendre des risques sur ses albums postérieurs. Un groupe à part, rest in piece !

Meilleurs titres : Believe, American Dreams, TUI, Gemini, Too True, Titus.

 

8. Strength For A Reason – Burden Of Hope (2009)

Dans le milieu du Punk Hardcore, la Pennsylvanie est indubitablement associée au BFL Crew : à la base une bande de rue qui est devenue une scène musicale Hardcore à part entière grâce à Richie du groupe Krutch, rejoint ensuite par des piliers tels que Fury Of V, Mushmouth, Out To Win, et bien sûr Strength For A Reason dont il est ici question.

En 2009, SFAR avec Burden Of Hope poursuit sur le boulevard déjà tracé par Blood, Faith, Loyalty et applique tous les codes du BFL des années 1990 : les riffs ont été joués des centaines de fois par une myriade de groupes, les breakdowns et autres mosh-parts sont téléphonés, les paroles ultra-clichées sur l’honneur, la fraternité, etc. Et pourtant, le charme opère énormément du fait de compositions bulldozer, racées et sans compromis, une production métallisée chiadée à souhait, des vocalises viriles à vous dresser les poils, sans oublier une intégrité et authenticité sans faille !

Meilleurs titres : Reality Check, Family Chain, Fearless, Can’t Give It Back, Stand By My Side.

 

9. Providence – Far Beyond Our Depth (2009)

Fin 2009, je déposais mes valises dans notre prestigieuse capitale française. Mon parcours initiatique de trois années allait se cristalliser et prendre une tout autre dimension, puisque la scène Punk Hardcore parisienne était et est toujours active. La théorie et les écoutes laissaient enfin place à la pratique, j’étais émerveillé tel un petit enfant, découvrant à quel point le Hardcore prenait sa pleine mesure en concert, où chaque show me transcendait par son caractère viscéral et sa puissance !

Justement, je découvrais qu’un groupe local sortait du lot, jusqu’à même se produire en Europe et outre-Atlantique : Providence. L’écoute de leur EP Far Beyond Our Depth sorti en 2009, et leur participation au Paris Extreme Fest du 27 Mars 2010 à l’Elysée Montmartre finissaient par m’achever, me faire lâcher définitivement le Metal et me convertir au Hardcore !

Providence a trôné fièrement au sommet du Paris Hardcore Crew (PHC) et du Hardcore français avec son Beatdown brutal et intelligent : production aussi lourde et grasse qu’un cochon, guitares saturées à mort et riffing tsunami, pluie de double pédale, ralentissements incommensurables et écrasants du rythme et accélérations bien méchantes. Johan, un charisme, un look et une voix phénoménales, beuglant ses textes imagés et développés.

Une approche vraiment singulière du Beatdown qui régale, sait mettre en feu le pit et déchaîner les karaté kids comme ceux qui aiment pousser la chansonnette.

Meilleurs titres : tout l’EP, un classique du genre.

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