Les meilleurs albums de Punk Hardcore de Californie (1/4) : Los Angeles

L'Etat de Californie, son soleil, ses villes incroyables, toutes ses richesses, et sa Terre Sainte pour le Punk Hardcore : berceau du genre à la fin des année 70 (cf. son récit), la Californie s'est imposée comme la locomotive durant l'âge d'or du Hardcore américain (1980-1986). Embarquons alors dans un voyage spatio-temporel pour découvrir ces meilleurs groupes et leurs disques qui ont bâti à tout jamais la légende du Punk Hardcore californien ! Direction la Californie du Sud, alias le SoCal, avec un premier arrêt dans le comté de Los Angeles !
Los Angeles
Soleil couchant sur la Cité des Anges
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1. Black Flag – Nervous Breakdown (1979)

J’en avais déjà parlé dans l’article dédié aux tout premiers albums et j’en parle encore et toujours ! En effet, tout passionné de Punk Hardcore qui se respecte a forcément déjà entendu parler de Black Flag et de son mythique EP Nervous Breakdown car il a littéralement posé toutes les fondations et caractéristiques de cette musique et cette scène.

La culture « Do It Yourself » ? c’est lui avec un autofinancement au travers du label SST Records.
Le visuel transgressif et rebelle ? c’est encore lui au travers de la collaboration avec l’artiste Raymond Pettibon.
La charge musicale sans concession ? toujours lui avec des compositions courtes, simples et directes, accrocheuses, virulentes par la production cradingue et les paroles traitant de maladie mentale.

Un nom, une marque, une légende qui aura par la suite pondu une poignée de très bons disques, avant de prendre un virage hélas plus expérimental dès 1984.

Meilleurs titres : culte du début à la fin.

 

2. Germs – (GI) (1979)

Comment ne pas réévoquer aussi l’album (GI) des Germs ? C’est déjà le tout premier album du genre au format LP, qui plus est contenant seize titres d’un Hardcore vraiment recherché et varié ! Un pur bonheur avec des compositions hyper rapides et vindicatives, d’autres y mariant de jolies mélodies ou une facette plus chaotique, des bien plus pesantes voire mêmes expérimentales…bref un sens inégalé de la création !

Germs c’est aussi un concept : les germes à l’initiation de tout, le cercle comme équation de la vie (uni comme un tout, indivisible), une image tellement subversive à devenir persona non grata dans la plupart des clubs, portée par son meneur-génie. En effet, Darby Crash était une plume exceptionnelle, doté d’une personnalité charismatique et fragile, un prophète-né avide de suprématie. Noyant son passé dans la défonce et obsédé par le fait d’entrer dans l’Histoire par la mort, il finira par se suicider par une overdose d’héroïne à l’âge de 22 ans.

(GI) trône allègrement d’après moi au sommet du Punk Hardcore américain, tant il a eu un impact musical et stylistique sur tout le Hardcore à venir ! Touchez aussi à la légende en visionnant le documentaire The Decline Of Western Civilization (1981) ou encore le film biographique What We Do Is Secret (2017).

Meilleurs titres : un chef d’œuvre, iconique.

 

3. Circle Jerks – Group Sex (1980)

Le voilà l’autre monstre sacré de Hermosa Beach : Circle Jerks, un super groupe monté en 1979 par le chanteur Keith Morris et le guitariste Greg Hetson, après avoir eu marre de leurs groupes respectifs (Black Flag, Redd Kross). Décision osée mais le résultat est à la hauteur puisqu’il s’agit d’une des formations les plus intenses qu’il ait existé, et qui a produit l’un des disques pharaoniques du genre par le biais du label indépendant Frontier Records !

Group Sex est un classique qui vous emporte d’emblée par sa vitesse éclair puisque ses quatorze titres sont expédiés en quinze petites minutes, Deny Everything affichant par exemple tout juste 28 secondes au compteur. L’album propose cette hargne et menace caractéristiques du Hardcore, toujours idéales pour l’engagement physique lors des concerts, mais sa touche « arty » – bohème, presque Pop, lui donne une personnalité et un charme tout à fait incomparables. Cet album coule littéralement de source tant toutes ses compositions restent en mémoire, faisant largement oublier que certaines ont été volées à leurs ex-groupes (ex : Wasted, I Don’t Care, World Up My Ass) !

Circle Jerks a par la suite produit le très bon Wild In The Streets (1982), avant de basculer sur un tempo mid-Rock paresseux puis finalement jeter l’éponge après une incartade ratée en territoire Crossover Metal.

Meilleurs titres : un héritage indispensable.

 

4. Descendents – Milo Goes To College (1982)

Descendents a été de ces groupes pionniers et modèles, ouvrant la voie pour toutes les formations de Punk Hardcore mélodique et Surf-Pop-Skate Punk qui ont suivi. Originaires de Hermosa / Manhattan Beach et à peine âgés de quinze ans, ses membres ont démarré en 1978 avec un Punk Rock très mélodique avant d’évoluer vers le Punk Hardcore, finissant au bout d’un moment par mélanger les deux, créant de facto un sous-genre à part entière !

L’EP Fat sorti en 1981 est vraiment intéressant, mais le groupe prendra une toute autre dimension l’année suivante avec la sortie de l’album Milo Goes To College et ses quinze chansons d’amour impertinentes ou humoristiques déguisées en morceaux Hardcore ! Son offensive musicale, ses lignes mélodiques suaves et addictives, sa production détaillée et puissante au dessus du lot en font une œuvre intemporelle.

Descendents est toujours en activité, officiant sur un registre Punk Rock particulièrement mélodique, mais à mon goût moins percutant et marquant que ses premières œuvres.

Meilleurs titres : Myage, I’m Not A Loser, I’m Not A Punk, Suburban Home, Kabuki Girl, Marriage, Hope.

 

5. Bad Religion – How Could Hell Be Any Worse? (1982)

Tout le monde connait et aime Bad Religion parce qu’ils ont largement contribué au sauvetage et à la pérennité du Punk Rock depuis la fin des années 80 à nos jours. Considéré comme l’un des meilleurs groupes de Punk Rock de tous les temps, cinq millions d’albums au palmarès, et pourtant les californiens de San Fernando Valley ont bien débuté tout jeunots en 1980 sur un registre Punk Hardcore !

Après un premier EP éponyme (1981) en demi-teinte, Bad Religion balance en 1982 son album How Could Hell Be Any Worse? : quatorze titres 100% Do It Yourself, financés par le papa du guitariste Brett Gurewitz (lui-même fondateur du label Epitaph Records), et vendus à plus de 10 000 exemplaires.

Sa différence principale par rapport à ses confrères de la période réside dans le chant de Greg Graffin, capable de délivrer une grande puissance tout en ayant de magnifiques vocalises, fluides et mélodiques. Elles tranchent d’ailleurs assez avec les thématiques et cibles : la foi aveuglante, les évangélistes télévisuels corrompus, la décadence morale du rêve américain, la surpopulation, la pollution et la destruction de la planète…quarante ans après, qu’est-ce qui a vraiment changé ?!

Considéré comme un groupe secondaire à l’époque, Bad Religion n’a acquis son statut légendaire que bien après la fin de l’âge d’or.

Meilleurs titres : We’re Only Gonna Die, Latch Key Kids, Fuck Armageddon…This Is Hell, White Trash (Second Generation), In The Night.

 

6. Youth Brigade – Sound & Fury (1982)

Dernier monument de Los Angeles : Youth Brigade, formé par les trois frères Stern en 1980. Avant même de parler musique, le combo hollywoodien s’est fait une place de choix en étant à l’origine du Better Youth Organization (BYO), un label de musique indépendant et une société de réservation de billets de concert. Aussi organisateur du fameux festival Youth Mouvement’82, le groupe s’est infiniment impliqué dans la scène Punk Hardcore, avec l’ambition que chacun, toute génération confondue, soit responsable de créer un monde meilleur !

Et tout cela se retrouve aussi dans leurs productions musicales, à commencer par leur tout premier album Sound & Fury. Les Stern déroulent leur Hardcore très engagé avec tout l’attirail du rocker mélodique, non sans rappeler leurs contemporains de Descendents. Tous ces hymnes Pop-Punk et cette bonne parole seront prêchés lors de la grande tournée nationale de concerts organisée avec Social Distortion, par ailleurs capturée dans le documentaire Another State Of Mind (1982).

En 1983, Youth Brigade sort un remarquable album à nouveau intitulé Sound & Fury, réenregistrant au passage quatre chansons. Les rares albums suivants n’atteindront malheureusement jamais ce niveau de qualité.

Meilleurs titres : Fight To Unite, The Circle, Boys In The Brigade, You Don’t Understand, Sound & Fury.

 


Au delà de ces groupes et albums légendaires, un tas d’autres de L.A. ont également participé à l’émergence du Punk Hardcore, parmi lesquels : l’arme anti-Reagan de LA’s Wasted Youth simplement intitulée Reagan’s In (1981), FEAR et son très éclectique et énervé The Record (1982), l’ogive sonique Falling (1984) bombardée par Decry, ou encore The G.R.I.M. et son puissant et résolument moderne Getting Revenge In ‘Merica (1984).

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