Les meilleurs albums de Punk Hardcore de Boston

Poursuivons notre voyage sur la côte Est américaine, direction Boston qui a engendré l'une des scènes Punk Hardcore les plus intenses. Tout le monde a vu ce qui se passait à Washington D.C., et "Beantown" lui a emboîté le pas principalement articulée autour de Al Barile et de son label Xclaim!. La scène s'est caractérisée par un militantisme Straight Edge des plus virulents passant bien devant l'engagement social...This Is Boston, Not L.A. !
The Boston Crew
Le Boston Crew
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1. SS Decontrol – Get It Away (1983)

Alan Barile était un hockeyeur, buveur invétéré de bières, mais voir Minor Threat jouer et diffuser leur ligne de conduite Straight Edge à New York en 1981 l’a transformé à tout jamais !

Après cette révélation, Al Barile a été à l’origine de ce qui est devenu la scène Punk Hardcore de Boston : il a formé SS Decontrol (pour Society System Decontrol) en 1981, monté le label Xclaim! pour en promouvoir les disques, et son attitude arborant crâne rasé, présence physique redoutable et militantisme Straight Edge lui a permis de fédérer une clique d’une vingtaine de belligérants plus connus sous le nom de Boston Crew.

SS Decontrol s’inspirait de la scène de Washington D.C. mais tout était plus virulent chez eux : après un premier disque The Kids Will Have Their Say (1982) devenu un classique du genre, le groupe a passé un nouveau cap avec leur EP Get It Away ! La section rythmique de Jaime Sciarappa et Chris Foley délivre une puissance de feu phénoménale, Barile et Francois Levesque assènent leurs riffs de guitare brutaux, quand David « Springa » Spring hurle ses paroles Straight Edge particulièrement engagées.

Agressif, martial, guerrier, à l’image de l’artwork signé par le désormais légendaire artiste (et chanteur de Septic Death) Brian « Pushead » Schroeder…la voilà la marque de fabrique de Boston ! Mais comme beaucoup d’autres au milieu des années 1980, SS Decontrol a fini hélas par prendre un virage Metal qui lui a été fatal !

Meilleurs titres : l’expérience Hardcore la plus violente.

 

2. D.Y.S. – Brotherhood (1983)

Parmi cette bande du Boston Crew, se trouvait D.Y.S. qui a joué un rôle crucial dans la diffusion du Straight Edge et la renommée du Punk Hardcore de Boston. Fondé en 1981 par le chanteur Dave Smalley et le bassiste Jonathan Anastas, leur nom est issu de l’organisation gouvernementale Department of Youth Services en charge des délinquants juvéniles…tout un programme !

Leur premier album Brotherhood sorti aussi sur le label Xclaim! reprend exactement la même recette et les mêmes codes que SS Decontrol : un déluge de puissance et de vitesse instrumentales sur lequel s’arrache Dave Smalley, à la différence près que ses vocalises abrasives font preuve d’un peu plus de musicalité ! Onze attaques invincibles à la gloire du Straight Edge et du Crew…l’unité de la scène à travers la violence !

D.Y.S. inspirait de la peur aux gens et avait l’avantage du leadership, là aussi jusqu’à son pivot Thrash Metal entamé en 1985 ! Un mal pour un bien car on ne compte plus tous les projets musicaux ultérieurs de ses membres : Slapshot, Dag Nasty, Scream, Impact Unit, ALL, Down By All, Don’t Sleep…

Meilleurs titres : More Than Fashion, City To City, (The Girl’s) Got Limits, Brotherhood, Stand Proud, Wolfpack.

 

3. Jerry’s Kids – Is This My World? (1983)

Jerry’s Kids, dont l’appellation provient des bénéficiaires du téléthon de Jerry Lewis s’est constitué à Braintree en 1981. Après plusieurs changements de line-up, la formation s’est stabilisée pour sortir son premier album sur Xclaim! sans pour autant faire partie du Boston Crew.

Is This My World? se démarque nettement de ses comparses de label par la profondeur de ses douze compositions : les deux guitaristes Bob Cenci et Chris Doherty (ex-Gang Green) proposent les meilleurs riffs de la scène, se targuant même de quelques solos bien sentis ; le batteur Brian Betzger déploie un style de jeu très technique pour le Hardcore avec une fluidité et un côté organique créant un sentiment de fulgurance et de toute puissance ; Rick Jones avec son chant maniaque aborde des sujets variés comme la santé mentale, le rejet de la mode et de la guerre ; enfin la production brute contribue à cette atmosphère délicieusement furieuse.

Malheureusement encore une fois, l’instabilité du line-up et son évolution vers le Thrash Metal ont eu raison d’eux !

Meilleurs titres : I Don’t Belong, Cracks In The Wall, Raise The Curtain, Vietnam Syndrome, Build Me A Bomb, Lost, Is This My World?

 

4. F.U.’s – My America (1983)

Autre combo majeur de l’écurie Xclaim!, voici F.U.’s dont le nom provient d’un commentaire de la chanteuse Punk Wendy O. Williams lors d’une interview : « le Punk Rock est un moyen de dire Fuck You à la société ! »

Dès leurs débuts en 1981, les bostoniens se sont positionnés sur un Punk Hardcore excessivement rapide, les prémisses de ce qui deviendra par la suite le Thrashcore / Fastcore. Après un premier excellent EP Kill For Christ (1982), c’est bien l’album My America qui a révélé tout le talent de ses membres fondateurs, en témoignent ses onze torpilles expédiées en quinze minutes : du supersonique à tout prix mais qui n’oublie pas non plus de faire danser avec des breakdowns brillamment exécutés et ce chant si singulier !

F.U.’s a aussi fait l’objet d’une controverse lancée par Tim Yohannan du fanzine Maximumrocknroll, y voyant des paroles et artwork « fascist rock, droite nationaliste » quant c’était le moyen pour le groupe de faire réagir la jeunesse. Le mal était fait et le renommage en Straw Dogs couplé à une évolution plus Rock / Metal n’ont pas suffit à les sauver.

Meilleurs titres : What You Pay For, Outcast, Unite Or Lose, My America, Choir Boy, Boston’s Finest.

 

5. Negative FX – Negative FX (1984)

Negative FX est le dernier de la bande du Boston Crew ! Formé en 1981 par le chanteur Jack « Choke » Kelly, probablement le straight edger le plus zélé de la scène Punk Hardcore, le groupe a eu une existence particulièrement courte mais mythique : cinq concerts et un album éponyme enregistré en 1982 et édité qu’en 1984 par le label Taang! Records.

Cet album affiche dix-huit titres, bien plus que ses prédécesseurs mais avec une formule qui reste inchangée : rapidité, efficacité, inexistence de mélodie bien que l’usage développé de gang vocals lui confère une certaine musicalité. Il n’en reste pas moins un album impressionnant et majeur du Boston Hardcore !

Par la suite, Choke Kelly a encore perpétué et contribué à l’Histoire avec ses autres projets musicaux : les très éphémères Last Rights et les éternels Slapshot.

Meilleurs titres : Feel Like A Man, Together, Protester, Mind Control, Citizens Arrest, Turn Your Back, IDNTFS, Modern Problems, VWF.

 

6. Gang Green – Another Wasted Night (1986)

Gang Green a été l’un des tout premiers groupes de Punk Hardcore de Boston puisque formé à Braintree en 1980 par le tout jeune (quinze ans) skateur, guitariste et chanteur Chris Doherty.

Le combo n’avait rien du profil Hardcore classique, rien non plus à voir avec le Straight Edge : ses membres étant des métalleux rockeurs, passionnés de Ozzy Osbourne et de ACDC, buvant de surcroit des tonnes de bières. L’incarnation originale a donné de fabuleux premiers enregistrements dans la même veine musicale que leurs confrères, matérialisés sur les compilations locales et l’EP Sold Out (1983, premier disque du label Taang! Records).

Après un hiatus d’un an durant lequel Doherty a rejoint Jerry’s Kids, Gang Green est revenu avec un nouveau line-up et album Another Wasted Night publié par Taang! Records. Huit titres furieux (pour la version originale, seize pour la définitive), faits de riffs Metal dévalant le manche à vitesse grand V et de paroles festives et divertissantes. Un hymne totalement anti-Straight Edge où l’approche Crossover Thrash se fait nettement sentir !

Gang Green tourne encore actuellement mais ses albums sortis depuis ont pris eux aussi une direction musicale 100% Thrash Metal.

Meilleurs titres : Another Wasted Night, Skate To Hell, Alcohol, 19th Hole.

 


Au delà de ces groupes et albums mythiques, nous pourrions aussi mentionner : les excellents spin-off de Negative FX à savoir Last Rights (No Guts, No Glory en 1984) et Slapshot (Back On The Map en 1986) avec leur Hardcore aux relents Oi! ; The Freeze et son très Punk Rock et sous-estimé Land Of The Lost (1983) ; les deux marginaux de Westfield – Massachussetts, en l’occurrence Deep Wound avec son EP éponyme (1983) pionnier du Fastcore et Siege avec Drop Dead (1984) qui a ouvert la voie au courant Powerviolence.

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