Les tout premiers albums de Punk Hardcore

Le Punk Hardcore est né entre 1978 et 1979 dans une Amérique au plus bas de sa forme (lire son incroyable Histoire). La Californie, en particulier la région de Los Angeles, a vu sa jeunesse noyer son nihilisme dans le Skate et le Punk Rock, jusqu'à créer une musique plus chaotique et agressive ! Plongez dans ces premiers groupes et disques qui ont ouvert la voie à ce nouveau genre musical et cette culture alternative !
Germs
Photo : ©Germs
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1. The Middle Class – Out Of Vogue (1978)

The Middle Class, originaire de Orange County, est généralement considéré comme l’un des groupes initiateurs du mouvement Punk Hardcore, et son Out Of Vogue LE tout premier véritable disque du genre. Et pour cause, il suffit de le comparer aux productions Punk Rock en vogue à cette époque (Sex Pistols, Ramones) pour se rendre compte de la rupture !

Déjà par sa durée puisque les quatre titres sont expédiés en un peu plus de cinq minutes, le titre éponyme étant le plus court avec sa petite minute. Puis bien sûr aussi musicalement tant il s’en dégage un sentiment de bouillonnement, frénésie et d’urgence, à la limite de la justesse et de la sortie de route. Seul la chanson Situations s’échappe de cet assaut sonore constant avec ses touches Post-Punk annonciatrices de l’évolution à venir du groupe.

Un EP culte par son caractère historique plus que par ses qualités intrinsèques et son impact !

Meilleurs titres : Out Of Vogue, Insurgence.

2. Black Flag – Nervous Breakdown (1979)

Si vous êtes vraiment passionné de Punk Hardcore, vous avez assurément déjà entendu parlé de Black Flag. Le groupe a été formé à Hermosa Beach en 1976 par le guitariste Greg Ginn et le chanteur Keith Morris. Leur premier EP Nervous Breakdown fait partie de ces disques charnières, tant il véhicule une identité forte !

Tout d’abord, il est l’avènement et le symbole de la culture « Do It Yourself » : il a été autofinancé au travers du label indépendant SST Records créé spécialement pour l’occasion par Greg Ginn, bouleversant ainsi les codes habituels de l’industrie ; aussi le visuel se veut transgressif, avec ce logo anarchique et cet « artwork » très graphique et animal, tous deux créés par la main talentueuse et incendiaire de Raymond Pettibon.

Puis musicalement, le groupe tire ses influences de groupes Punk Rock tels que The Stooges et The Ramones pour livrer quatre titres très courts, simples et directs, qui sont particulièrement inspirés et addictifs, disons même dansants. La production crue et sale, le style singulier de composition de Greg Ginn (légères teintes blues et jazz), les paroles orientées « maladie mentale » chantées de façon maniaco-rageuse donnent un rendu final très brut et énervé qui posent clairement les fondations de la musique Hardcore.

Grâce à Nervous Breakdwn, Black Flag est devenu l’un des pionniers de la scène et contre-culture Hardcore, et pour beaucoup le meilleur groupe sur Terre pendant quelques années.

Meilleurs titres : brillant du début à la fin.

3. Germs – (GI) (1979)

(GI) est le premier album (seize titres) de l’Histoire du Punk Hardcore, et je le positionne au sommet de son art.

Fondé à Los Angeles en 1977 par le phénoménal Darby Crash et le guitariste Pat Smear (futur Nirvana, Foo Fighters), le quatuor âgé de la vingtaine gagne vite une réputation sulfureuse du fait de performances dépravées sur fond d’atmosphère apocalyptique. Persona non grata dans la plupart des clubs et évènements locaux, le groupe arrive tout de même à jouer sous l’alias G.I. (pour Germs Incognito), avec lequel il baptisera son premier et unique album.

Au fil des quarante minutes, les californiens balancent des compositions particulièrement recherchées et variées : des hyper rapides et agressives (What We Do Is Secret, Communist Eyes, American Leather, The Slave), d’autres empreintes de jolies mélodies (Land Of Treason, Media Blitz) ou davantage chaotiques (Richie Dagger’s Crime, Lexicon Devil, Manimal) et des plus lourdes et malsaines (Our Way, The Other Newest One) voire expérimentales (Shut Down). Un vrai sens de la création qui rend chaque titre tubesque !

Ajoutez à cela un liant et catalyseur en la personne de Darby Crash pour rendre le cocktail explosif : le meneur affiche un ton rocailleux et abrasif, grognant et mâchant ses mots comme aucun autre ne l’avait fait précédemment. Et à défaut d’être un grand vocaliste, il se révèle être une plume exceptionnelle et lucide. Les critiques le voient comme un gars à la Sid Vicious (Sex Pistols), jeune morveux jusqu’au-boutiste. Mais Crash est un génie, doté d’une personnalité charismatique mais si fragile et instable, noyant son passé et son angoisse dans la défonce. Un prophète-né, avide de suprématie et totalement fasciné par le charisme des leaders de cultes et autres dictateurs (L. Ron Hubbard, Charles Manson, Hitler…). Son idée obsédante d’entrer dans l’Histoire avec un plan sur cinq ans l’amènera à se suicider par une overdose d’héroïne le soir du 7 décembre 1980 à l’âge de 22 ans. Ironie du sort ou destin cruel, sa mort sera largement éclipsée par l’assassinat de John Lennon le lendemain.

Hormis la visionnaire équipe de Slash Magazine et Slash Records (Germs étant le premier groupe signé), à cette époque peu de gens ont pris au sérieux les Germs. Mais cette fin tragique à l’aube de l’âge d’or du Hardcore a accéléré leur renommée, tant leur œuvre est un témoignage magistral de leur impact musical et stylistique sur tout le Hardcore à venir ! Je vous recommande par ailleurs le visionnage du documentaire The Decline Of Western Civilization (1981) et du film What We Do Is Secret (2017) qui vous feront toucher encore davantage la légende.

Meilleurs titres : un chef d’œuvre, iconique.

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